Négatifs

La technique déployée ici par Franck David, mêle des impressions à des glacis acrylique, lui permettant ainsi l'usage du crayon ou de l'aquarelle. Ce mode opératoire, et le trouble visuel qui en résulte, prolonge les recherches que le peintre mène depuis longtemps sur l'usage des classiques glacis de la peinture à l'huile.

Il s'agit ici de poser un regard sur la photographie ancienne et sur les champs qu'elle a ouverts pour la peinture. Double jeu s'il en est quand les tableaux deviennent à leur tour le sujet d'une réinterprétation. Dans une inversion, dans une tentative de ré-invention des négatifs des photographies qui furent le prélude à ces mêmes tableaux. 

La dimension du peintre-photographe, à l'instar d'un Vuillard notamment, se voit ici réactualisée, ré-écrite. La boucle est en quelque sorte bouclée. De nouveau, c'est le peintre qui paie son tribut au photographe. C'est la peinture qui abandonne sa matérialité afin de rendre possible cette nouvelle forme de l'ordre du photographique dans un double-jeu d'inversion, où l'usage de la transparence et l'incorporation de la lumière ambiante éclipsent pour un temps la matière photographique.
Mais cet abandon ne saurait durer.