Présentation

L'idée de ces objets animés avait germé pendant l'élaboration de leurs avatars matériels.
Se posait la question du glissement.
De peinture en peinture, la forme dérapait, évoluait sans cesse,
se déplaçait même sur la surface du papier.
Le problème était aussi de nommer, de classer, de référencer ces longues séries de peintures.
De donner une position inaliénable à chaque peinture au sein de la suite.

Puis il y eut ce regard porté sur les travaux d'Etienne-Jules Marey, fasciné lui-même par la beauté de ses travaux plus que par leur intérêt scientifique. Pour ces séries, il ne s'agissait plus du tout de dérapages incontrôlés. Se posait aussi la question des temps de peinture.
Après avoir dilaté le temps, il y avait peut être ici un moyen de le recompresser.

Le cinéaste moderne, comme le peintre moderne, privilégie l'art à la beauté, nous dit Deleuze. Il requiert une intervention plus active du spectateur qui ne doit plus se contenter de reconnaître globalement l'image décrite mais s'intéresser au processus de création.
Comme Cézanne, Franck David veut "rendre visible l'activité organisatrice du percevoir".

Ses flipbooks seraient une réponse à la tentative de mise à plat du processus qui forme le tableau. Sa reconstruction en quelque sorte, mais sous une autre forme que le tableau.
Une image-mouvement pour reprendre encore Deleuze.