Présentation

La peinture de Franck David s'est développée dans un processus visant à réinventer constamment la forme tout en rendant compte de notre incertitude quant à la perception des limites de toute chose.

Bien souvent, les sujets abordés (nids d'oiseaux, crevettes mazoutées, chiens saisis en pleine course...), non contents d'être perçus pour leur singularité, dialoguent entre eux par l'entremise de renvois, de citations, d'analogies, parfois de sens, et nous touchent ainsi davantage que pour leur conformation particulière. Comme de simples figures acceptant de se prêter au jeu de la peinture. 

Que le chien courant, pour ne citer que lui, cette forme mouvante, insaisissable à l'œil nu, dont on ne peut véritablement qu'avoir l'intuition, qui se trouve être la tâche impossible par excellence pour le peintre, se trouve alors mis en peinture, en serait comme l'illustration.

La tâche du peintre a été rendue possible par le photographe, en l’occurrence par Eadweard Muybridge ; le mouvement décomposé se pliant ainsi aux besoins de la composition. A la suite de Bonnard ou Degas qui furent parmi les premiers artistes à utiliser ce nouveau médium pour renouveler leur peinture et la représentation de leurs modèles, il y aurait bien là un tribut à payer en retour à Muybridge. Car cette peinture-là est devenue possible grâce à l'utilisation de la photographie. Ceci, encore, est un autre sujet.